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lundi, 03 octobre 2011 00:00

Potier en Alsace - 2/3

La poterie Ludwig, une entreprise familiale, est dirigée par la quatrième génération de potiers.

Visite guidée.

Dans une rue excentrée du centre ville, nous arrivons devant une entrée que l’on prendrait pour celle d’un garage, si une enseigne ne rappelait pas qu’il s’agit de la poterie Ludwig.

Au bout du passage abrité, nous entrons de plein pied dans l’espace de vente où est rangée, sur des étagères, une grande partie de la production. Une autre pièce complète l’exposition. Plus loin, nous passons devant le four à gaz, où les pièces d’argile sont cuites à 1 050° : « le gaz est un progrès dans le métier, il permet une chauffe plus homogène. La cuisson au bois, nécessitait du trop de temps pour atteindre la bonne température. De plus la cuisson au gaz assure une meilleure répartition de la chaleur et de la qualité du produit fini », commente le potier. La phase de cuisson se déroule sur trois jours, la première journée consiste en la montée en température du four, puis intervient la cuisson proprement dite. Il faudra une journée supplémentaire, pour le refroidissement complet de l’ensemble. Un processus impératif pour assurer la parfaite qualité culinaire, la pièce devant résister aux différences de température. Poursuivant la visite, nous entrons dans la pièce suivante, où des réalisations récentes finissent de sécher avant d’être cuits. Nous arrivons ensuite dans le local de stockage de la terre. Près de 20 tonnes d’argile attendent, dans une fosse où l’humidité est de mise, l’argile absorbant 50% de son poids en eau. Avant son utilisation elle passera d’abord dans un malaxeur équipé d’un tamis à sa sortie, pour retenir les impuretés. Une boudineuse, comme son nom l’indique, permettra la confection de boudins d’argile d’environ 8 cm de diamètre, après avoir désaéré la terre, ce qui évitera la présence de poches d’air, qui auraient pour effet de fragiliser la poterie et de la faire éclater lors de la cuisson.

Fierté  familiale.

L’escalier nous mène à l’étage, dans l’antre des artistes. Ils sont cinq ; Astrid la décoratrice, Franck, il prépare les moules à kougelhof, Florian, le fils, Francis et Cécile l’apprentie. Ils forment l’équipe qui œuvre autour de Michel Ludwig, le maître des lieux. Françoise, son épouse s’occupe du magasin et aide également à l’atelier à certains moments.

Cette poterie familiale est installée à Soufflenheim, depuis quatre générations : « on retrouve des dates dans les archives, jusqu’aux années 1800 », explique Michel Ludwig « il est possible que d’autres parents aient exercé le métier, mais de nombreux documents ont disparu, pendant les guerres ». Dans les années 1980, l’entreprise employait une dizaine de salariés : « c’était une bonne période, les demandes augmentaient. Des artisans ont préféré le pressage mécanique pour répondre à cette demande et à la fabrication de séries. La conjoncture a fait que nous n’avons plus que cinq salariés », regrette-t-il. Dans la ville, sur la quinzaine d’entreprises encore en activité, seules trois travaillent encore de manière traditionnelle. La poterie entièrement réalisée à la main, est un patrimoine, une richesse artistique en voie de disparition, comme beaucoup d’autres malheureusement : « Dès que la mécanisation est arrivée, nous avons voulu préserver ce patrimoine, la demande était forte. Il était tentant de se précipiter vers cette forme de développement. Beaucoup sont allés dans ce sens. Nous, nous avons souhaité privilégier la vraie valeur artisanale ». Pour la poterie industrielle la terre arrive prête à l’emploi depuis l’Allemagne, ce qui ajouté à la mécanisation réduit le coût de revient. Cela n’a pas empêché l’entreprise de survivre, l’amour du travail sauvant cette entreprise artisanale. On en sentirait presque le fumet des plats mijotés.

L’argile utilisée, de grande qualité, provient d’une carrière voisine. Le sous-sol local en est riche : « c’est une terre fine, on constitue le stock de l’année, une fois par an. Ensuite on prépare l’argile en fonction de nos besoins, plusieurs fois dans l’année ». Près d’une centaine de modèles sont reproduits chaque année à plusieurs centaines d’exemplaires et vendus directement au magasin, à l’occasion de foires et salons ou encore par des revendeurs sur des sites touristiques d’Alsace comme ; Obernai, Strasbourg, Kaysersberg, Ribeauvillé, Riquewihr. Le client trouvant là, la double satisfaction d’une cuisine de qualité mitonnée avec une pièce unique. Authenticité et signature d’une fabrication à la main, un poinçon est présent sous chacune des poteries. Seule entorse à la tradition, le four à gaz, pour une meilleure qualité de cuisson, grâce à l’homogénéité de chauffage, comme indiqué plus haut.

Un pot à lait émaillé, moucheté de bleu sur fond jaune, créé par un aïeul de Michel Ludwig, est exposé dans un musée. Ce décor est une des fiertés familiale. Il a été relancé par un oncle, potier lui-même. Aujourd’hui, la poterie Ludwig produit toute une gamme d’articles culinaires avec ce motif.

A lire également :

Potier en Alsace 1/3

Potier en Alsace 3/3

Informations supplémentaires

  • Latitude: 48.829667
  • Longitude: 7.965786
  • Adresse: 5 rue des Potiers - 67620 – Soufflenheim
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