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Musée du Verre et de ses Métiers, un lieu unique.

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Seul musée public dédié aux produits et aux techniques industrielles du verre, le musée du Verre et de ses Métiers a ouvert ses portes en 2006, à Dordives.

Le musée du savoir-verre

Dans le département du Loiret, sur la mythique Nationale 7, entre Nemours, au Nord, et Montargis, au Sud, Dordives est une commune d’environ 3 000 habitants, bordée par le Loing et de nombreux étangs.

Le musée du savoir-verre.

Ouvert en mai 2006, le Musée du Verre et de ses Métiers (MVM) est un établissement culturel municipal unique en France, consacré au verre industriel et à la découverte des verreries de la vallée du Loing. Plusieurs salles réparties sur deux niveaux, permettent de découvrir les techniques de fabrication, des démonstrations de soufflage de verre au chalumeau, animées par d’anciens verriers, tous ayant obtenus le titre de Meilleur Ouvrier de France (MOF) et les produits verriers. Le musée dispose également d’un centre de documentation richement doté. C’est au total plus de 300 m² mis à la disposition du public.

Un long passé verrier.

Le verre à l’état naturel remonte à plusieurs centaines de milliers d’années et ses premières utilisations remonteraient à 100 000 ans avant J-C, sous la forme d’obsidienne, une roche volcanique vitreuse, riche en silice. Taillée par l’homme, cette matière servira à la fabrication d’outils, d’armes tranchantes, parfois de bijoux. L’obsidienne, par sa rareté, était également une monnaie d’échange ou de négoce.

La région de Dorives possède un long passé verrier par son histoire économique et sociale. Le MVM a pour mission de faire découvrir et de perpétuer la mémoire de ce patrimoine vivant. Dès 1753, les verreries, dont la verrerie royale, se développent, principalement à Bagneaux-sur-Loing. Cette cité sera très longtemps un haut lieu de la production industrielle du verre. Les verreries emploieront jusqu’à 5 000 salariés en 1930. De grands noms seront créés ici; Pyrex, pour le verre culinaire, Thomson fera produire ses tubes télévision, Corning pour le verre optique ou encore Keraglass, plaques en vitrocéramique.

Une raison à cela, la qualité du sable de Fontainebleau. Dès le XVIIIè siècle, il sera utilisé pour la verrerie alimentaire. Bien qu’il soit difficile d’imaginer, aujourd’hui, la présence de la mer, dans cette région, elle a déposé, voici 35 millions d’années un dépôt sableux, pouvant atteindre 60 mètres d’épaisseur par endroits. Ce sable est d’une qualité exceptionnelle et de grande pureté, titrant 99% de silice.

Origine du musée.

L’activité verrière de Bagneaux va traverser des périodes mouvementées, changement de propriétaires à plusieurs reprises, extinction des fours durant la période révolutionnaire. Malgré ces tempêtes sociales, les verreries perdureront. Elles se développeront avec la production de verre pour la lunetterie en 1830, une spécialisation qui se maintient encore aujourd’hui. C’est en 1922 que l’achat de la licence d’exploitation du verre pyrex, donnera un nouvel essor à la région, avec une production destinée aux activités de laboratoires, et culinaires.

C’est à la suite de donations ; en verrerie industrielle, en verrerie d’art, outils et documents que la ville de Dordives décide la création d’un musée qui pourra conserver et valoriser ce patrimoine. Le musée sera ouvert après cinq années de travaux. Il compte un fond d’environ mille cinq cents pièces diverses ; biberons et plats pyrex®, instruments optiques et de laboratoires, d’immenses lampes et colonnes industrielles, etc., auxquelles il faut ajouter un millier de diapositives et des vidéos.

Le site de Bagneaux, aujourd'hui spécialisé dans la fabrication de verres techniques, est devenu, par son histoire, l'un des plus vieux sites industriels français.

Bien qu’étant un établissement municipal, le fonctionnement du musée du verre et de ses métiers est confié aux bénévoles de l’Association Gâtinaise des Amis du Musée du Verre, avec aussi pour ambition de renforcer l’attraction touristique du Pays Gâtinais et de la Vallée du Loing.

Un savoir-verre tout en transparence.

Le Musée du Verre et de ses Métiers a pris ses quartiers en 2006, dans une ancienne ferme longère gâtinaise. Il s’offre aux visiteurs sur deux niveaux. Dès l’entrée ; sable, arbres et carte géographique rappellent qu’ils sont des éléments essentiels à l’activité verrière. Le sable de Fontainebleau, pour ses qualités, comme nous l’avons expliqué plus haut, le bois, utilisé pour l’alimentation des fours, et la carte de la région, pour son réseau de transports, routier, fluvial et ferroviaire.

Dans les années 1880, 20 000 tonnes de sable étaient retirées, chaque année, à l’aide de pelles. Aujourd’hui avec l’utilisation  de moyens mécaniques différents, ce sont 1 million de tonnes qui sont extraits des carrières. Le transport du sable a suivi l’évolution des voies de communications. Sur le Loing, la navigation étant dangereuse, le canal Seine-Loire, percé sous Henri IV, était le bienvenue. Cette voie fluviale sera complétée par la suite avec la mise en service du canal de Briare, puis du canal Loing-Seine en 1724. Jusqu’en 1964, le sable sera acheminé par péniches de 100 tonnes, puis de 250 tonnes, avant d’être remplacées par le service ferroviaire. Sur le plan routier, la route Royale, depuis Montargis, deviendra la route Nationale 7 et sera également empruntée. Les liaisons ferroviaires, seront un atout supplémentaire au développement industriel de la région.

Les insolites et les artistiques.

Après la visite du premier niveau consacré ; aux démonstrations, aux commentaires sur le verre, à sa fabrication, aux outils, ainsi qu’à des réalisations aussi insolites que volumineuses, voir monumentales. Impossible de ne pas s’arrêter devant l’échangeur tubulaire de température de plus de deux mètres de long, composé de 80 tubes de deux mètres, d’un centimètre de diamètre ou encore l’impressionnante colonne de 1000. Réalisée en verre pyrex, d’un mètre de diamètre, sur une hauteur de 10 mètres. Utilisée dans l’industrie chimique, elle représente le diamètre le plus important existant sur le marché mondial.

L’étage réserve d’autres surprises où la maîtrise du verre, par les ouvriers verriers, prend toute sa dimension. Cinq œuvres dominent actuellement cet espace. Elles ont été réalisées par des verriers qui ont obtenu le titre de Meilleur Ouvrier de France (MOF), la véritable appellation étant, « Un des Meilleurs Ouvriers de France ». Un sixième chef d’œuvre, récemment acquise par le musée, sera installé durant le dernier trimestre 2014. Deux verriers ont obtenu deux fois ce titre, un fait suffisamment rare pour être signalé. Parmi ces œuvres complexes, La Naissance de l’Homme (2007), d’Yves Borrel, titré en 1989 et une seconde en 2007, pour une autre réalisation. La Naissance de l’Homme représente un globe terrestre composé de personnages divers, hommes, poissons, chiens, oiseaux et végétaux (cf. photos de détails). Tous reliés les uns aux autres, par 8 000 points de soudure de verre.

Plus loin, après les instruments de mesures et de laboratoires, deux autres œuvres complexes, de Jean-Claude Hajduk, une trompe à vide et une navette spatiale, où des éléments en verre sont enfermés dans le verre, ne laissant pas deviner comment ces réalisations ont pu être possibles. D’autres vitrines présentent une collection de verrerie artistique. On peut y admirer des pièces en cristal de Sèvres(1), pâte de verre de Daum(2) ou des créations d’artistes comme Salvador Dali et Hilton Mac Connico.

Le bousillage était de pratique courante aux verreries de Bagneaux. Les verriers réalisaient des pièces, en dehors des heures de travail, dans l’enceinte de l’entreprise, avec le matériel de l’usine. Ces créations, le plus souvent utilitaires, servaient de monnaies d’échange, durant la seconde guerre mondiale, contre des produits alimentaires en provenance des fermes alentours. Par la suite, elles seront considérées comme de véritables œuvres d’art uniques, trouvant des acheteurs localement. Plus tard, à la demande de leurs patrons, les verriers réalisaient des bousillages afin de les offrir en cadeaux aux clients. Certaines de ces pièces sont également exposées au milieu des autres.

Glossaire

Pour ce glossaire, nous nous limiterons à quelques termes les plus souvent utilisés, dans la profession. Chacun pourra compléter ce glossaire, par une recherche auprès de professionnels de l’art verrier, ou sur internet.

Soufflage : C’est l’opération qui consiste à donner du volume au verre en soufflant avec une canne.

Canne de soufflage : C’est l’outil du souffleur de verre, mesurant en moyenne 1,50m à 2m, certaines peuvent atteindre 3m. La canne peut peser une dizaine de kilos.

Cristal : C’est un verre fin et fragile, composé d’au moins 25% d’oxyde de plomb. Dans certaines familles, les services en cristal sont conservés à l’abri…, parfois même à l’abri des regards…!

Cueillage : Action de prélever dans le creuset, ou pot, situé dans le four, une boule ou une masse de verre en fusion, la Paraison, à une température de 1100 °, pour être ensuite travaillée.

Ciseaux et Pinces : outils traditionnels pour étirer, couper, rogner ou former à chaud les bords d'un objet.

Gamin : Le nom est resté, mais dans les ateliers on employait des enfants de 8 à 10 ans, pour certains travaux, très souvent difficiles pour leur âge. Il leur était possible de devenir maître verrier.

Canon : Masse de verre fixé à l’extrémité de la canne. Elle pouvait peser jusqu’à 30 kg. Le verrier balançait sa canne à bout de bras, dans une fosse de quelques mètres de profondeur. 

Musée du Verre et de ses Métiers - 12 avenue de Lyon - 45 680 Dordives - Tél. : 02 38 92 79 06

Site : http://www.musee-dordives.fr - Courriel musée : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

A l’agenda 2014 du musée.

Démonstration de soufflage de verre, jusqu’au 31 décembre, chaque premiers samedis à partir de 14h30.
Grand atelier : Mosaïque, les 20 et 27 août de 10h à 18h.
Exposition sur les parures : les usages et les utilisations du verre dans la réalisation des bijoux, jusqu’au 23 novembre 2014.

(1) Cristallerie de Sèvres

A l’origine de la diversité et de la qualité haut de gamme de ces collections, il y a le prestigieux passé de la marque. D’abord nommée Verrerie Royale de Sèvres sous Louis XV, l’établissement a été créé par la marquise de Pompadour, qui voulait égaler la production vénitienne, d’objets en cristal. La cristallerie de Sèvres est devenue l’une des plus grandes marques françaises de cristallerie de luxe. http://www.cristalsevres.com

(2) La Manufacture Daum

La manufacture Daum à Nancy est une des plus grandes cristalleries françaises, créée à la fin du XIXème siècle. Elle s’est développée et a fait sa renommée, à travers le monde, à partir de la pâte de cristal.

La collection Daum, de plus de 600 pièces, est abritée par le musée des Beaux-arts de Nancy. Elle est considérée comme la collection de référence, tant par la communauté scientifique que par le public. http://www.nancy-tourisme.fr/decouvrir/histoire-et-patrimoine/art-nouveau/la-collection-daum

Galerie photos en bas de page

Texte & photos © Christian Pujol (20.08.2014)

Informations supplémentaires

  • Latitude: 48.135107
  • Longitude: 2.767462
  • Adresse: 12 avenue de Lyon - 45680 Dordives
Lu 2571 fois Dernière modification le mercredi, 06 septembre 2017 19:20
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