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Santons de Provence, le petit peuple revit à chaque Noël.

En Provence, il semble inimaginable de dissocier les santons et la crèche de Noël.

Nous avons vu précédemment (Noël, entre fête religieuse et traditions) que l’histoire de la crèche remonte à 1223, mais que les plus anciennes figurines connues datent de 1562.

Santon, petit saint, est la traduction de l’italien santoni, santoun en provençal. Ce petit monde, le petit peuple, comme il est appelé, associe les personnages sacrés des récits bibliques et ceux de la vie quotidienne des villages provençaux. Dans la scénographie de la crèche, les villageois apportent des cadeaux ou viennent adorer l’enfant Jésus, dans le contraste de ces deux époques et de leurs apparences vestimentaires. C’est Louis Lagniel qui, vers 1800, réalise les premiers personnages.

Avec le temps, Marseille est devenue la capitale du santon de Provence, un des patrimoines auquel la région est fortement attachée.

Les santonniers portent une grande attention à la précision des détails, au respect des vêtements représentés, de leurs couleurs et de leurs accessoires.

Aux figurines de base, Marie, Jésus, Joseph, le bœuf, l’âne, les bergers et les moutons et les Rois Mages, s’ajoutent ceux que l’on croise tous les jours ; le maire, le curé, la boulangère, le pêcheur etc. Au total, près d’une soixantaine de personnages sont représentés pour la réalisation d’une crèche.

En Provence, les santonniers transmettent leur savoir faire de génération en génération. Deux nouvelles figurines peuvent voir le jour chaque année, dans les collections.

Observez et écoutez les crèches, peut-être percevrez-vous des conversations à l’accent chantant, au détour d’une rue ou sur une place et pourquoi pas le chant les cigales, oui, même en hiver.

Les ateliers de santonniers.

A Marseille, les ateliers Marcel Carbonel ont ouvert leurs portes à Caravan’Rando Mag.

Depuis 1935, l’atelier a obtenu de nombreuses récompenses. Marcel Carbonel (1911-2003) a été, en 1961, le premier artisan santonnier distingué « Un des Meilleurs Ouvriers de France ». En 2007, le Ministère des PME, du Commerce et de l’Artisanat attribue à l’entreprise une autre distinction, celle de « Entreprise du Patrimoine Vivant ».

Une vingtaine de personnes, véritables artistes, travaillent dans cet atelier et d’autres dans la région marseillaise, pour le moulage des pièces. « Les sujets, sont réalisés ici », explique Michel Barbaudy, directeur général, « nous créons en argile le premier sujet qui va nous permettre de réaliser le moule en plâtre, qui nous servira à fabriquer des moules de tirages. Le moule mère, n’est jamais utilisé pour réaliser des séries de figurines ». Pour des raisons de fragilité, ce moule ne servira qu’à concevoir des moules de tirages. Bien que réalisant des séries, le travail demeure de niveau artisanal, chaque moule ne permet la réalisation que d’une seule pièce. Il faudra ensuite ébarber, corriger et lisser, pour obtenir la forme définitive. La figurine fera l’objet de plusieurs contrôles de qualité : « nous tenons à cette exigence de la qualité de nos réalisations ». Les pièces seront mises à sécher avant leur passage au four : « trop humide, il y a un risque d’éclatement durant la cuisson. La température va s’élever jusqu’aux environs de 1000° pendant une douzaine d’heures. Avant d’ouvrir, on va laisser la température redescendre pendant 24h ». Avant la cuisson, une pastille à la marque de l’atelier est appliquée sur chaque figurine.

Travail minutieux.

L’atelier, réalise lui-même ses couleurs : « je crois que nous ne sommes plus que deux à réaliser nos propres couleurs. Nous avons une douzaine de couleurs de bases, qui nous permettent par les combinaisons d’obtenir un nuancier d’environ deux cents teintes ». La pâte obtenue par un mélange de gomme arabique et d’eau, après malaxage sera prête à l’utilisation. Certaines pièces, à la couleur de base uniforme, comme les animaux, seront enduites d’une peinture posée à l’aide d’un aérographe. Un travail qui nécessite toutefois un savoir faire. Dans la pièce voisine, sont réalisées les habitations ; maisons, mas, étables, édifices publics et religieux, à l’échelle des santons : « Là aussi, il s’agit d’un travail à la main. Les matériaux utilisés sont le carton, le bois et le crépi ». Les tuiles des maisons sont réalisées à la main, le résultat final est saisissant de réalisme.

Vient après cette opération le travail minutieux des décorateurs à l’aide de pinceaux plus ou moins fins. Chaque pièce est une œuvre unique, même si le trait semble identique d’un sujet à l’autre : « on refait le même geste, c’est vrai, mais deux modèles ne seront pas vraiment identiques. Une machine refera à l’identique, mais pas nous », explique une décoratrice.

Pour le directeur général, chaque santon est précieux, fragile. Pour les expéditions, chaque pièce est enveloppée séparément, d’un papier cellophane, recouvert d’une seconde feuille de protection et protégée d’un papier-bulle. La commande sera expédiée, dans un emballage rigide, contenant un flocage de protection supplémentaire : « Outre les expéditions en France, vers nos 150 distributeurs, 10% de notre production part à l’étranger. Pour l’Europe, Belgique, Suisse et Allemagne essentiellement. Puis l’Amérique du Nord et le Canada. Plus rarement vers la Chine, l’Amérique du Sud et l’Australie ».

Ateliers Marcel Carbonel : http://www.santonsmarcelcarbonel.com

Galerie photos en bas de page

Texte & photos © Christian Pujol (20.12.2011)

Informations supplémentaires

  • Latitude: 43.300299
  • Longitude: 5.370814
  • Adresse: Marseille
Lu 807 fois Dernière modification le jeudi, 09 avril 2015 10:28
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