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dimanche, 04 mars 2012 00:00

Camping-car - Cap au Cap Nord

Écrit par 
Caravaniers depuis 1965, Michel et Monique font l'acquisition en 1998, de leur premier camping-car. Depuis une quinzaine d'années, ils ont en projet de voir l'insomniaque soleil de minuit, au Cap Nord.

Cap au Cap Nord.

Le Cap Nord, le bout du monde, au bout de l'horizon, là où la mer et le ciel ne font plus qu'un, à l'heure où les deux éléments ont la même couleur.

Ce récit remonte à 2003, les indications de tarifs sont celles qui étaient appliquées au moment du voyage.

Vendredi 27 juin 2003, la clé de contact est actionnée, l'aventure Cap Nord débute, à bord de leur camping-car. Joëlle, une cousine de Monique, les accompagne. Depuis six mois, Michel et Monique préparent le voyage. Ils s'adressent à la maison de la Norvège à Paris, afin de connaître les conditions de vie sur place, la réglementation de la circulation. Pour le reste, ils partiront à la découverte. Tout est calculé, nos trois aventuriers prendront leur temps pour ce périple de près de dix mille kilomètres. Ils seront de retour pour le 23 juillet 2003.

Trois pays seront traversés : l'Allemagne, le Danemark et la Norvège. Partis de la banlieue de Rouen dans la matinée, ils arrivent en début de soirée à Liège, en Belgique, pour leur première étape. Ils traversent l'Allemagne le samedi, franchissent la frontière danoise le dimanche. Le Danemark est rapidement traversé jusqu'à Hirstshals, après avoir traversé le Limfjord (Limfjorden en danois). Le Limfjord est un bras de mer de près de 200 km de long qui traverse le Nord du Danemark d'Ouest en Est. Ponts routiers et ferroviaires relient les deux rives entre Ålborg, le port principal, et Nørresundby.

Chaque dernier vendredi et samedi de mai, se tient à Ålborg le plus grand carnaval de Scandinavie avec près de 15 000 participants. Un carnaval plus petit est organisé pour les enfants quelques jours avant. A Hirstshals, le musée de la Mer du Nord possède un des plus gros aquariums d'Europe. Il a une capacité de 4,5 millions de litres d'eau de mer. Hirstshals est le port de départ de la traversée en direction du port norvégien de Kristiansand. Fin juin 2003, pour un camping-car de moins de 7 m et d'une hauteur inférieure à 3,50 m, il en coûtait 402 euros (environ 2 998 DKK) pour un aller simple. Bien que le Danemark soit l'un des vingt-sept États de l'Union Européenne, il ne participe pas à l'euro. Actuellement 1 euro correspond à environ 7,45 couronnes danoises (DKK). Après 2 h 30 à 3 h de traversée, notre trio de voyageurs entre en Norvège, pays des fjords : « nous sommes arrivés à 8 h 30 et vers 10 h nous prenions la direction de Bergen ». Ils traversent l'Eidfjorden, par un bac jusqu'à Brurarvik.

Deux yeux ronds.

En Norvège, le coût de la vie est élevé. Par contre, il est possible de camper n'importe où, à l'exception des sites protégés. Des barbecues sont installés sur le bord des routes, le bois est également fourni sur ces emplacements. Dans les stations services, le prix du carburant est élevé, mais le service, c'est le service : « nous avions besoin d'eau et nous avons demandé au pompiste si l'on pouvait en prendre un peu dans notre bidon ». Deux yeux ronds, étonnés leur ont répondus, par un signe de tête. L'eau est gratuite dans ces établissements. Rageant non ?

Ils relèvent la différence de mentalité : « les gens sont plus cool, plus sereins. Sur la route, respecter la vitesse est un impératif ». Deuxième ville de Norvège, Bergen, aux maisons colorées, est à la fois portuaire et universitaire. Elle compte plus de 250 000 habitants, dont près de 35 000 dans le centre historique. Fondée en 1070, elle est la capitale norvégienne à partir de 1164. Elle cède sa place à Oslo en 1814, à la fin de l'union de la Norvège avec le Danemark. Sur la route qui mène à Lom, l'église d'Urnes, près de Luster, mérite une visite. Inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1979, cette église en bois debout (XIIème siècle) est la plus ancienne des vingt-huit Stavkirkes (églises médiévales en bois) intactes que compte la Norvège. Seul pays d'Europe du Nord à posséder encore intactes des églises médiévales en bois de ce style.

Le voyage se poursuit au rythme des arrêts photos et de l'émerveillement devant les sites. Leur chemin passe par la ville portuaire de Trondheim, à l'embouchure de la Nidelven. Elle fut souvent ravagée par des incendies, celui de 1681, conduisit à sa presque totale reconstruction. Ce port abritait de juin 1943 à mai 1945, la 13ème flottille de sous-marins allemands, les tristement célèbres U-boat.

Le pays où les rennes sont rois.

Le samedi 5 juillet est une grande date du voyage. Quelques kilomètres après la ville de Mo I Rana, notre équipage franchi le cercle polaire Arctique. Le passage est symbolisé, ici, par une arche en bois qui rappelle que l'on se trouve dans le Nord de la Norvège. Première constatation : dans cette monarchie, les rennes semblent absents du royaume. Pas le moindre quadrupède à l'horizon.

Un détour s'impose pour se rendre aux îles Lofoten. Qualifiées de Norvège en miniature, elles sont incontournables. Région de contrastes nos amis passent des Lofoten posées sur l'écrin de sable blanc de ses plages, au gris sombre de Narvik, une ville minière. Ici comme ailleurs, la terre a un effet isolant: « elle est utilisée sur les toitures de certaines constructions, un paradis pour les chèvres qui entretiennent le gazon en s'y promenant ». Alta est située à plus de 300 km de Rovaniemie, en Finlande, où réside le Père Noël. C'est là que nos compatriotes rencontreront ceux qui composent l'attelage de son traîneau, les rennes. Au pays où les rennes sont rois, il y a un principe, on ne klaxonne pas s'ils encombrent la route. Rappelez-vous, le début du récit, « les gens sont cools », il faut donc laisser le temps « cooler ». Ne pas déranger ceux qui apportent des cadeaux à Noël !

Après 4 520 km, ce lundi 7 juillet, c'est le bout de la terre, là où le soir le ciel, l'eau et la terre, se rencontrent, prennent la même couleur pour ne plus faire qu'un, Le Cap Nord. Au dîner pour marquer l'évènement, dans le camping-car ce sera foie gras et champagne. Le stationnement limité à deux jours, nos rêveurs de soleil de minuit s'en empliront les yeux, avant de penser au retour.
Depuis le site, perché sur une falaise de plus de trois cents mètres de haut, la vue se perd sur l'immensité de la mer ou plutôt des mers. La Norvège est bordée par 
la mer de Norvège, la mer de Barents et la mer du Groenland, située en-dessous de l'océan Arctique. Le Pôle Nord n'est qu'à 2 000 km.

Le camping-car rétrécit.

On accède à ce bout du monde, posé sur l'île de Magerøy, par un long tunnel sous-marin. En raison de l'affluence, le stationnement est limité à quarante-huit heures. Le droit d'accès, d'environ 30 euros par personne (en 2003), donne la possibilité de ressortir et de revenir durant ces quarante-huit heures. Sur place on trouve; boutiques, restaurants et salles de projection. Le site est classé et protégé, chaque pierre doit rester à sa place.

Toute chose ayant une fin, il est temps de penser au retour. L'itinéraire passe par Lillehammer, puis Oslo, Göteborg, Malmö, Copenhague et Hambourg, avant le retour en France. Etonnement lors de la traversée du tunnel. Leur camping-car qui dépassait 6 mètres à l'aller, en mesure moins de 6 au retour ! Une contraction due au froid, peut-être ? Ce sera apprécié au péage, puisqu'il est fonction de la longueur du véhicule.

Lillehammer, c'est casse-pieds.

A Lillehammer, un « saut » jusqu'au tremplin de saut du site olympique d'hiver est décidé. Une petite glissade sur l'herbe humide vaut à Michel un passage à l'hôpital. Diagnostic des médecins, une triple fracture au niveau d'une cheville, malléole, tibia et péroné. Il sera opéré en deux fois. La première anesthésie effectuée sous péridurale, lui permet d'assister en partie à son opération : « le chirurgien s'énervait, il n'arrivait pas à éponger le sang », commente-t-il en riant. Autre rigolade, le retour en chambre n'est prévu que : « si les orteils des deux pieds peuvent bouger ». Michel attendra cinq heures. Le lendemain, nouvelle intervention pour consolider l'opération de la veille.

Monique et Joëlle ne conduisent pas et il faut rentrer à la maison avec le camping-car. Michel, privilégié dans son « malheur » reviendra en avion sanitaire. Pour les deux femmes la fin des vacances devient une aventure. Il leur faudra une bonne paire de rames pour faire avancer la galère.

Lundi 21 juillet Michel quitte l'établissement hospitalier. Dans l'après-midi elles apprennent que Pierre, leur chauffeur prend l'avion. Il sera auprès d'elles le lendemain, mardi, vers 12h.

Après le soleil, c'est l'hôtel de minuit.

« Notre Pierrot à l'air sympa, il prend son temps ». Strømtad est leur première étape pour la nuit. Pierre doit trouver un hébergement et revient sans résultat au bout de quelques temps. Elles partagent le dîner avec lui, puis la chasse à l'hôtel reprend : « à minuit, il n'avait toujours rien trouvé. C'était trop cher ou pas assez bien ». A 1 h du matin et quarante-cinq minutes de route plus tard, une chambre est trouvée, pour lui. Elles, elles dormiront dans le camping-car, sur le parking de l'hôtel! L'ami Pierrot, roule plus vite que Michel et le camping-car rend visite plus souvent aux stations services. Le repas de midi approche et pour notre Fangio du camping-car, pas question de déjeuner dans un fast-food. Il est 13 h, les deux cousines préparent leur repas pendant que le chauffeur cherche « son » restaurant. Vers 14 h 15 Pierrot est en vue. Seulement, il a oublié de prendre son café et s'absente à nouveau près de vingt minutes.

En fin de journée, devinez ! Et oui, il faut dormir. L'hôtel trois étoiles de Maribø est trop onéreux. Le suivant, à une vingtaine de kilomètres, est médiocre, retour à l'hôtel de Maribø. Pour elles, ce sera sur la place de l'église. Ce parking est le lieu de rendez-vous des jeunes : « nous n'avons pas dormi avant une heure du matin, à cause du chahut ». Le lendemain, elles se lèvent vers 6 h 30, Pierre doit les rejoindre à 8 h. Il arrivera vers 9 h.

Les péripéties se poursuivent. Ne parlant pas allemand, elles demandent leur itinéraire en français par le langage international des grands gestes. De retour en France, il prendra inutilement l'autoroute du Nord, jusqu'à Paris, pour revenir vers Rouen, soit un petit détour d'environ 250 kilomètres.

Qui est ce Pierre? Professeur en France, il est inscrit sur une liste de chauffeurs disponibles, pour une société d'assistance. Elles apprendront plus tard qu'il enseigne l'allemand...!

Et Michel dans tout cela?

Pour lui tout va bien et il conseille : « avant de signer le contrat d'assistance, il ne faut pas craindre d'être ridicule en posant toutes les questions qui traversent l'esprit, même les plus graves ». Puis il conclue avec humour : « Tout le monde était aux petits soins, pour moi. De l'avion, on a une vue superbe sur les fjords. C'est magnifique ! Quel dommage, elles n'ont pas pu voir d'en bas, ce que j'ai vu d'en haut! ».

Aujourd'hui l'aventure inachevée, Cap Nord, est rangée au rayon des souvenirs. Toutefois, l'album photos permet à Michel et Monique de rêver, refaire un jour, cette dernière partie du voyage, dans de meilleures conditions.

Galerie photos en bas de page.

Texte © Christian Pujol - Photos © Michel & Monique et Christian Pujol (05.03.2012)

Informations supplémentaires

  • Latitude: 71.170881
  • Longitude: 25.786021
  • Adresse: Cap Nord, Norvège
Lu 47437 fois Dernière modification le mercredi, 08 juillet 2015 13:34
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