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dimanche, 28 août 2011 00:00

Guebwiller, une étape sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle 2/2

Écrit par 
C’est à Jacques de Zébédée que la chrétienté a attribué la paternité du nom du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.

 

Un peu d’Histoire.

Il y a un manque de précisions quant au véritable Jacques qui a donné son nom au pèlerinage, sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Trois pourraient en être à l’origine, plus un quatrième, anonyme. La chrétienté attribuera à Jacques de Zébédée, dit Jacques le Majeur, il est l’ainé des enfants, la paternité du nom du chemin. Comme son frère Jean, Jacques est un des douze apôtres de Jésus-Christ.

Après avoir parcouru le Proche-Orient, pour prêcher, à Jérusalem il arrêté et décapité. Quelques centaines d’années plus tard, en 814, son tombeau est découvert en Galice, une région au Nord-ouest de l’Espagne. Le pèlerinage se développe durant le Moyen-âge, dès l’annonce de cette découverte. Le roi Alphonse II fait édifier une église à cet endroit. Il faut attendre 1884, pour que le tombeau soit officiellement reconnu, par le pape Léon XIII, pour l’Eglise catholique, comme étant celui de Saint-Jacques. Les pèlerins également appelés les Jacquets, prennent coutume de rapporter comme témoignage de ce pèlerinage des coquilles de pectens, dont le nom deviendra coquilles Saint-Jacques. Avec le temps, à l’image de Jacques de Zébéré, le pèlerin arborera une tenue vestimentaire composée d’un mantelet et d’un chapeau feutre à larges bords, elle sera complétée d’accessoires ; un bourdon (bâton), une besace et une calebasse (gourde).

Dire que l’on fait le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle est une erreur. Les chemins spirituels conduisant à Compostelle sont nombreux et des dizaines de milliers de pèlerins les empruntent chaque année, venant de divers pays, y compris au-delà de l’Atlantique. En France on compte quatre itinéraires principaux, Tours, Vézelay, Le Puy-en-Velay et Arles.

A partir de Saint-Jean-Pied-de-Port et jusqu’à Santiago (Saint-Jacques-de-Compostelle), la voie est commune à tous les itinéraires. El Camino, le chemin, est inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1998. L’itinéraire venant d’Arles, rejoint les trois autres à Puenta-la-Reina.

Les chemins de Saint-Jacques peuvent s’effectuer à pieds, à vélo ou à cheval. Pour obtenir la validation du parcours, le pèlerin doit justifier, à l’aide du carnet de route officiel, le Crédancial, délivré par les associations, ou le Créancial, délivré par les évêchés, avoir parcouru 100 km à pieds ou 200 km à vélo ou à cheval. Il doit être validé deux fois par jour. Ce document est personnel et délivré à vie. C’est lui qui permettra d’obtenir à Saint-Jacques-de-Compostelle la Compostela, le document officiel justifiant la réalisation du parcours.

Guebwiller, ville étape.

Il serait long, ici, de développer davantage l’Histoire du chemin de Compostelle. De nombreux documents existent en librairie et sur internet. Caravan’Rando Mag, s’est attaché à une présentation rapide de cette Histoire. Nous la poursuivons avec la rencontre de Christophe qui tient un gîte en Alsace.

Lorsque l’on se trouve rue du Maréchal Joffre à Guebwiller, des coquilles stylisées peintes à même le sol, conduisent chez Christophe Ritz. Sa maison est un gîte, au pied du Grand Ballon d’Alsace, sur le tracé vers la ville sanctuaire espagnole. Le gîte Le Puisatier est situé sur le GR 5. Après quelques mètres en retrait de la rue, dans une impasse, on entre dans un autre monde. Dans ce petit jardin sympathique, se dégage une certaine sérénité. Une courte allée pavée, bordée d’arbres, guident vers une terrasse ombragée où des chaises et une table en teck attendent l’arrivée des visiteurs : « l’entrée du jardin est toujours ouverte. Dans le bac il y a des boissons », sourit Christophe. L’été, il y maintient au frais des boissons, il suffit de se baisser. Pas un bruit, si ce n’est le clocher de l’église à quelques centaines de mètres qui égraine les heures.

Ce jour là, le 3 août 2011, Christophe reçoit deux pélerins, Hans-Peter (Jean-Pierre) et Virginia, instituteurs allemands, ils font une fois de plus une partie du chemin de Compostelle durant leur vacances. A la question : « Pourquoi fait-on le chemin de Compostelle ? », le Camino comme l’appellent les pèlerins, la réponse est le plus souvent : « parce que l’on a besoin de décrocher de la vie normale un jour ». C’est aussi ce qu’a fait un autre pèlerin, lire l’article Jean-Marie Roch, sur la route de Santiago. Pour Christophe, l’histoire est un peu similaire à celle de Jean-Marie. En 2002, il décide de tout quitter et de partir sur le chemin depuis le Puy-en-Velay jusqu’à Ponferrada en Galice. Il met trois mois pour faire cette partie du chemin : « j’ai traîné, j’ai perdu du temps. Il me fallait encore une semaine pour arriver à Santiago, mais j’ai dû revenir en urgence, ma mère était souffrante ». A cette époque Christophe est chef d’entreprise dans le domaine de la publicité. Il a huit salariés. Un lundi du mois de mars, il réunit ses collaborateurs, leur fait part de sa décision et leur offre l’entreprise, avec deux années de travail en réserve. En trois mois, l’entreprise est fermée. Les salariés ont constitué trois sociétés et se sont répartis le travail, continuant ainsi à travailler ensemble.

On laisse quelque chose derrière soi.

Dès le premier jour l’aventure commence pour lui : « le premier jour j’ai dû faire 38 km, les gîtes étaient complets ». Il n’est pas marcheur, il fait des promenades de quelques kilomètres, sans plus. Il avait décidé que s’il pouvait décrocher, il irait à Saint-Jacques-de-Compostelle : « à chaque pas que je faisais, je laissais quelque chose derrière moi, j’avais l’impression de renaître ». A la fin de cette première journée, il trouve enfin une étape pour la nuit : « c’était un cimetière. II y a toujours de l’eau, j’ai pris une douche avec l’arrosoir qui était là », explique-t-il avec un éclat de rire. Hans-Peter abonde dans son sens en expliquant, dans un français parfait que : « c’est toujours ainsi, on quitte la vie que l’on a, pour différentes raisons, on veut un changement. Soit on est en rupture, soit on veut trouver autre chose ».

De retour en Alsace Christophe doit trouver du travail. Il devient guide de randonnées et travaille aussi dans des fermes : « je faisais des travaux dans les champs, les moissons, etc. Un jour un fermier me dit qu’il a besoin d’aide, pour nettoyer un puits ». Depuis que le puisatier a pris sa retraite il y a deux ans, son puits, comme d’autres, n’a pas été nettoyé : « il faut le faire tous les ans normalement ». Le fermier lui explique qu’il peut ainsi avoir du travail dans toute la vallée, les puits ne manquent pas dans les fermes. Il rencontre l’ancien puisatier qui lui apprend le métier en une saison : « il m’apprend tout. Comment trouver une source sans baguettes de sourcier, en observant le terrain, l’herbe, les plantes, autant d’indices qui permettent de trouver une source ». Il fera ce métier pendant huit ans. En 2003, le GR 5 passe près de Guebwiller, mais le tracé est refait. Il parvient à convaincre les associations jacquaires d’Alsace de faire passer ce GR (Grande Randonnée) à Guebwiller, qui devient ainsi une ville étape. Le gîte sera créé, à la suite d’un appel téléphonique de l’Office de Tourisme, qui lui demande ce qu’ils doivent faire pour les quatre pèlerins qui viennent d’arriver. Ils les accueillera chez lui, ce sera le début de son gîte : « la première année, il n’y a eu dix pèlerins, mais c’était sympa ». Il aménagera le gîte pour augmenter la capacité d’accueil à une douzaine de lits : « ils viennent de partout, Islande, Québec, Argentine, Allemagne, Finlande, c’est formidable ». Certains reviennent le voir par la suite.

1 400 km pendant les vacances.

Le couple d’enseignants, Hans-Peter et Virginia, a effectué le premier parcours en 2004 du Puy-en-Velay jusqu’à Cahors. Cette année ils se rendent au Puy-en-Velay, depuis Strasbourg, ils ont six semaines devant eux, ils partiront le lendemain de notre rencontre : « en moyenne nous effectuons une vingtaine de kilomètres par jour selon le relief du terrain, ce qui représente jusqu’à 1 400 km pendant nos vacances d’été ». Cette rencontre s’est poursuivie pendant la soirée avant qu’ils ne nous quittent pour une nuit de repos. Malgré la fatigue les pèlerins contactés ou rencontrés, déclarent : « chaque étapes provoque de nouvelles rencontres et des instants de partage entre tous. Il y a toujours un moment d’échange chacun faisant l’effort de comprendre l’autre, les différentes langues parlées, sont rarement des obstacles à la communication, sachant que la musique est internationale et que certains pèlerins ne partent pas sans leur guitare. Ces instants privilégiés, deviennent très vite festifs ».

Avant de clore, il nous faut apporter une précision, le gîte Le Puisatier est exclusivement ouvert aux pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, munis de leur Crédancial ou Créancial.

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Guebwiller - 1/2

Informations supplémentaires

  • Latitude: 47.90850366366727
  • Longitude: 7.211923599243164
  • Adresse: Guebwiller, France
Lu 986 fois Dernière modification le jeudi, 12 mars 2015 19:42
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