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jeudi, 26 avril 2012 00:00

Camping-car - Ivéco 80-16. Chnioula, le camion de voyage - 1/2

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Jacques et Louise sont aménageurs de véhicules et de camping-cars. Pour leurs loisirs, ils prennent la route, on devrait dire les routes, ou plutôt les pistes.

Au milieu du parc naturel régional du Vexin, dans la vallée de l’Aubette, l’atelier de Jacques et Louise est une caverne d’Ali Baba de 150 m². La petite rondelle introuvable où le brûleur disparu d’un catalogue, c’est ici qu’on peut le trouver. Dans un coin, un vieux J7 Peugeot beige de 1974, surmonté d’une bulle, en capucine attend patiemment de reprendre, éventuellement, la route un jour. Cette bulle, cette bosse, que tout le monde peut voir sur les camping-cars, les aménageurs en sont les créateurs, mais n’ont jamais déposé de brevet et les constructeurs se sont rapidement inspirés de cette trouvaille. Ce J7 n’est plus utilisé, le couple ayant préféré, pour ses aptitudes en tout-terrain africain, un 4x4 Toyota HDJ 80, 6 cylindres de 4,2 litres, développant 170 CV.

Deux grands projets.

Nous sommes en 2009, pour leur premier projet, nos deux voyageurs au grand cœur se donnent pour mission, à leur prochain voyage, d’apporter du matériel, à sœur Anne-Marie Salomon, une religieuse. Seul médecin à 150 km à la ronde, elle dirige l’hôpital de Gossi, qui est l’équivalent d’un dispensaire en France. Gossi est une localité du Mali, dont Bamako, à 1 080 km, est la capitale. En cas d’urgences chirurgicales, les évacuations se font en direction de la capitale, de Gao à 180 km ou de Mopti à 400 km. Sans aucune autre aide, avec leurs propres deniers, et non avec ceux de leur entreprise, ils lui remettront un groupe électrogène de 4 000W, pour l’alimentation électrique de l’hôpital. Un geste qu’ils considèrent comme simple pour eux, mais d’une grande dimension pour la religieuse et les usagers du centre médical. « L’Afrique est une terre d’humilité. A chaque fois on prend une leçon. Nous n’avons pas tout vu de l’accueil africain », indique Jacques. Louise poursuit : « une fois nous avons été reçus, dans une famille qui a tenu à partager avec nous son maigre repas. Ce geste nous a beaucoup touché ». Des souvenirs de moments forts, de rencontres avec la population, ils en ont plein la tête, de quoi remplir un livre.

Le second projet est d’envergure. Le couple envisage un grand et long périple nécessitant des moyens importants. Ils se lancent dans la recherche d’un camion : « nous connaissons le terrain et nous ne pourrons pas passer où nous voulons avec le premier véhicule venu, même s’il possède des aptitudes tout terrain ». Recherches sur Internet, lectures de petites annonces, tout y passe, jusqu’en 2008 : « les pompiers du Vaucluse avaient du matériel réformé à vendre et un poids lourd correspondait à nos besoins ». Renseignements pris, ils se rendent sur place.

Sur le parking du centre de secours, un Ivéco-Unic 80-16 de 1985 semble les attendre. Ce véhicule 4x4 CCF (Camion Citerne Feu de forêts), dans la nomenclature des services de secours et incendie, était destiné à combattre les feux de forêts. Le monstre fonctionne encore parfaitement : « il était équipé d’une citerne de 2 000 litres. Son moteur turbo six cylindres FIAT de 5 litres de cylindrée développe 160 CV. Cela peut paraître faible, mais il a beaucoup de couple et c’est ce qui va compter sur place », explique Jacques. Le camion ramené chez eux, nos amis occupent leurs temps libres à la préparation du véhicule : « nous l’avons totalement désossé de tout ce qui ne pouvait pas nous servir et nous avons fait refaire par un atelier tous les organes de sécurité et l’embrayage. J’ai suivi tous les travaux régulièrement, car je voulais connaitre ce camion dans ses moindres détails. Sur place, nous n’aurons pas d’assistance technique en cas de panne, de crevaison, etc. » Jacques et Louise réalisent eux-mêmes les plans de leur futur camping-car qu’un de leur proche trace au millimètre et à l’échelle 1, sur papier, pour certains éléments.

Haut, c’est haut.

La citerne étant montée sur un axe longitudinal (une barre de torsion), pour la stabiliser en tout terrain, il est conservé et l’ensemble de la cellule de vie sera articulée sur lui. Mais il y a un problème. Les roues ont un diamètre de 1,15 m, le véhicule, au terme, aura une hauteur 3,10 m. Comme tout garage celui-ci a un plafond ! Il fait 2,90 m. A grands maux, grands remèdes, les roues sont retirées et « la bête » repose le temps des travaux sur les tambours de roues. Le véhicule sera plus tard tiré à l’extérieur du garage et les roues retrouveront leurs places. Le camion a été repeint couleur sable et les éléments de protection de la cabine de conduite, des optiques, de l’avant du véhicule, comme le pare-branches, sont de couleur bordeaux. Dans le poste de conduite : « on doit prendre soin de nos petites personnes, alors nous avons changé les sièges et un peu redessiné l’intérieur ».

Galerie photos en bas de page.

Texte © Christian Pujol - © Photos Christian Pujol, et Jacques et Louise Le Meillat (28.10.2009)

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Camping-car - Ivéco 80-16. Chnioula, le camion de voyage - 2

Lu 3265 fois Dernière modification le jeudi, 12 mars 2015 20:16
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